Jeudi 22 novembre 2007
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Je sais et j’ai les preuves

C’est le cri que pousse Roberto Saviano, un jeune Napolitain de 29 ans. En
300 pages denses et argumentées, il dénonce ce système qu’est la camorra, cette terrible mafia napolitaine qui a fait de l’ultra-libéralisme son credo, cette organisation criminelle dont les
tentacules arrivent jusqu’à notre porte, jusque dans notre frigo, jusque sur notre peau à travers les vêtements griffés que nous portons.
Entre enquêtes et littérature, ce qui attend le lecteur, c’est un voyage incroyable et terriblement bouleversant. Dans ce livre extrêmement bien écrit, Roberto Saviano nous démontre la dangereuse
logique économique, financière et expansionniste que les clans de la Campanie appliquent à leurs “entreprises”.
Dans le monde affairiste et criminel de la camorra, sévèrement structuré à tous les niveaux, tout commence et se termine sous le signe des “marchandises” et de leurs cycles de vie : les
marchandises “fraîches” qui arrivent à Naples dans d’énormes conteneurs, puis sont déchargées, stockées et cachées dans des immeubles vidés dans ce but ; les marchandises mortes qui arrivent de
tous les coins de l’Italie, mais aussi d'un peu partout en Europe, sous forme de scories chimiques, déchets toxiques, boues, jusqu’aux squelettes humains des cimetières, pour être déversés de façon
abusive dans les campagnes de la Campanie où ils empoisonnent une bonne partie de la population, les terrains agricoles et les nappes d'eau ; les marchandises “classiques” de la pègre, comme la
drogue et les armes, mais aussi la puissance dévastatrice du béton armé.
“Je sais et j'ai les preuves”, c'était le leitmotiv que Pasolini répétait avec obstination et que Roberto Saviano a adopté pour mener son combat contre la camorra. Menacé de mort par les
"parrains", il est actuellement sous protection policière à la demande d'Umberto Eco.
Par simone
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